Sans Pays Fixe

Duo de Francaises d'ailleurs entre Paris, Montreal, Tokyo, Saigon (Ho chi Minh Ville) et la Chine

30 décembre 2006

De battre mon coeur s'est arrêté

Au Japon, ce sont les congés du Nouvel An.

J'en profite pour regarder les bilans de 2006 à travers les débats de l'émission Ce soir ou jamais.
Le débat sur le monde et la mondialisation était terriblement énervant: des sociologues et un Frédéric Mitterrand terriblement arrogants qui imposent leur vérité face à des invités africains ou chinois qui ont du mal à placer un mot et à se faire entendre; dont on balaie les interventions en leur disant que tout cela est trop schématique. Ah; la fameuse pensée française au-dessus de tout, mais les vraies personnes intelligentes n'ont pas besoin d'élever la voix; ils savent discuter avec des gens qui n'ont pas le même avis, ils ont une ouverture d'esprit.
Le débat sur l'année culturelle était beaucoup plus intéressant pour moi. Je me retrouvais dans mon élément, je comprenais ce que les invités voulaient dire: on parle de l'art, de l'humain, de sentiments.
Je m'intéresse lorsqu'ils parlent de la polémique sur Peter Handke, dramaturge qui a assiste aux obsèques de Milosevic. Pourtant, pendant les années d'études de théâtre, je me souviens avoir beaucoup apprécié la lecture de la pièce Outrage au Public de cet auteur.
Je suis attérée quand Beinex, malheureusement cinéaste un peu has been pour moi, se lance dans un attaque du jeune dramaturge en face de lui parce que...il est jeune, beau et ne croit pas qu'il y a de censure!!
En général, j'aime écouter des gens parler de culture, de spectacle. Les deux endroits où je suis le mieux au monde c'est une bibliotheque (française comme ça je comprends tout :-)) et un théâtre, cette formidable boite noire magique qui vous transporte ailleurs. Pour moi, la France c'est ça: cette richesse, cette énergie de création artistique.
J'ai la nostalgie de mes innombrables soirées au spectacle pendant les années de fac à Censier. J'étais boulémique de ces 20h30 dans un fauteuil rouge. Le théâtre de l'Odéon, le théâtre de l'aquarium à Vincennes avec la navette en bus pour y aller dans le froid, le festival Exit à Créteil, la Cartoucherie d'Ariane Mouchkine, la découverte de Goldoni par Giorgio Strehler, Bob Wilson, de Dominique Pitoiset. Si quelqu'un peut me dire des nouvelles de Dominique Pitoiset, le metteur en scene français que je préfère merci et surtout si vous avez l'occasion de voir un spectacle de lui, courrez-y!!
Des spectacles du monde entier, de jeunes troupes prometteuses tous passaient à Paris et dans les alentours. J'étais à l'affût de tout. Parfois, déçue, parfois éblouie.
Je ne vais pas vous citer de noms de spectacles qui m'ont portés, émus, ce serait comme si je vous racontais des histoires d'amour du passé, il n'en reste aucune trace, les photos ne veulent rien dire, les représentations filmées gâchent tout, ce fut simplement des moments merveilleux et intimes, une chance formidable d'avoir pu contempler une scénographie originale, d'avoir partager le souffle de comédiens à un moment précis dans un lieu précis.

Pour revivre un peu Paris, je loue des films français. Je viens de voir De battre mon coeur s'est arrêté de Jacques Audiard, un film âpre avec Romain Duris. Les films français font réfléchir, cherche la petite bête, gratte là où ça fait mal, nous donne à voir la réalité ou une version de la réalité, on en sourit plus qu'on en rit, on évite le romantisme guimauve mais on touche quand même au pathos, à la déchéance, aux liens profonds entre les êtres, pas toujours clairs, simples, chaleureux, doux mais... c'est la vie.

Posté par sanspaysfixe à 12:45 - Made in France - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Valis

« Tout est pour le mieux dans le meilleur des monde »... Ce n'est pas du théâtre, juste de la littérature classique, ou mieux, un peu de philosophie :-) C'est aussi une maxime que j'applique dans ma vie quotidienne car, c'est à mon avis une bonne vision. Sans entrer dans le détail du livre de Voltaire, et sans écarter le monde qui nous entoure, rester philosophe, c’est le meilleur précepte que je connaisse !  Je n’ai pas eut la chance de faire du théâtre, bien que j’aurais assurément aimé ça. J’avais pris la voie de la technologie et mes passion ne se sont jamais taries... mais jouer quelqu’un d’autre, même enfants, c’est quelque chose que nous avons tous fait par jeu ou pour simplement vivre une nouvelle aventure, pour s’évader du temps et de l’espace.

Avant de venir au Canada, j’ai quand même eut la chance de participer à une pièce de théâtre moderne en décembre 1987, joué au centre George Pompidou à Paris et dirigé par un jeune chef d’orchestre américain, Tod Machover. C’était en fait un opéra moderne puisque les acteurs chantaient et que l’orchestre étaient constitué d’instruments électroniques et d’ordinateurs très puissants, qui reconstituaient en temps réel, l’acoustique de l’endroit qui n’était pas du tout adapté à la musique. Je m’occupais seul du mur d’image de l’opéra, géré par 2 lecteurs de disque laser et un ordinateur qui contrôlait quelques 80 écrans cathodiques, alors que la musique était laissé à la charge de quelques dixaines d'ingénieurs et de musiciens. Ce fut une expérience très enrichissante. Partager la vie nocturne des artistes, découvrant les pubs et les tavernes anglaises dans un Paris lumière, il y a presque 20 ans ... déjà ! J'étais même tombé amoureux d'une actrice, qui avait d'adorables cheuveux bond et qui ne m'avait même pas remarqué. Peut être étions nous aussi d'un monde différent ?

Posté par Yves, 11 janvier 2007 à 05:08

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