25 novembre 2006
automne...le retour du froid
Samedi à Tokyo.
Contrairement à Ho Chi Min Ville où les élèves sont encore en bras de chemise, ici c'est pull et manteau. Je pense déjà à acheter des gants!
La nuit tombe vite, dès 17h30.
Je bois des litres de thé chauds: cannelle, clou de girofle, thé chinois. Et je traîne un gros rhume depuis déjà une bonne semaine.
A la télé, les couleurs de l'automne inondent l'écran: feuilles rouges, jaunes orangées décorent les plateaux télé; les actrices ont remis leur plus beau kimono d'hiver pour vanter l'arôme du thé vert cueilli en septembre.
Dehors, on a déjà accroché les décorations de Noël: passages illuminés de guirlandes, sapins clignotants, étoiles de néon bleu.
On vient déjà de recevoir la première carte de voeux au bureau.
Contrairement à ce qu'on peut penser, j'aime beaucoup l'hiver et le froid et puis, on a eu un bel été indien.
Les Japonais commencent tout juste à mettre un manteau alors que moi, en bonne ex-parisienne; dès qu'une goutte de pluie tombe, je me camoufle sous un pardessus en velours. Mais ici, la pluie n'est pas synonyme de froid glacial. Et puis, il fait tellement beau, le ciel est lumineux, dommage qu'il ne reste pas plus tard la nuit.
J'ai vu une émission télé ce matin qui présentait un petit déjeuner canadien (attention les yeux): boules de viande frites en sauce tomate, sangria (oui oui véridique) et soupe de légume avec petits pois surgelés. Je pensais plus à des pancakes au sirop d'érable et chocolat chaud.
Mais si c'est vraiment ce que mangent les Canadiens, je préfere largement manger du riz, du saumon grillé et du natto (graines de soja fermentées) dès le matin. Je me suis acclimatée à la cuisine japonaise sans même m'en rendre compte!
21 novembre 2006
La fête des profs au Vietnam
A la maison, nous sommes 4 profs: les parents de Tuan, Tuan et maintenant moi-même. Alors quand vient le 20 novembre, notre maison se remplit de fleurs. Il est de tradition d'offrir des fleurs à ses enseignants, et une fois qu'on a quitté l'école, on peut continuer à souhaiter la fête aux profs qui nous sont chers. Si une de nos connaissance est prof, on lui souhaite une fête également.
Mes élèves m'ont offert un bouquet de fleurs, écrit une carte et offert un sac à main. Après la classe, ils m'ont invitée dans un beau resto chinois dans le premier arrondissement :) Ce fut une belle première fête des profs pour moi, une journée dont je me rappellerai longtemps.
Cette fête est aussi l'occasion pour moi de repenser à tous les enseignants que j'ai rencontrés au cours de ma scolarité. C'est drôle comme certains noms nous restent. Je n'ai pas le souvenir de mes institutrices de ma maternelle car à l'époque, mais en primaire c'était: Mme Casanova, Mme Mourey, Mme Mauplot, Mme Guinvard et M. Partard. Au collège, il y avait trop de profs. Je me rappelle tous les visages mais pas tous les noms: Mme Pasquier, M. Savoy, M. Rouvet, M Fillion, Mme Surena, M. Grenier...Au lycée, la même chose. Ma prof de maths s'appellait Trigano, le prof de gym Petit...Les souvenirs de fac sont plus frais: Mme Huong (maintenant, je sais comment ça se prononce!), Mme Kanehisa, M. Bellassen, Mme Andro, Mme Paris, M. Cui...Les profs de Chine, du Canada, en France quand j'ai fait un LEA, oh la la, que de profs!!
Parmi les profs qui m'ont le plus inspirés:
-M. Cui, professeur invité de chinois, enseignait l'oral en 2000-2001 à l'université Paris 7: toujours de bonne humeur, le sourire aux lèvres, il encourage tous ses élèves à parler en chinois.
-Mme Paris: il est possible de faire comprendre une discipline difficile par des exemples concrets et en faisant appel à notre intuition de la langue. La clarté est essentielle, mais il faut surtout rester vigilant et ne pas accepter tout ce qui est publié comme vérité.
-M. Morena, prof d'espagnol LV2 à l'université de Sherbrooke: apprendre une langue doit avant tout être un plaisir, pour le prof et pour les étudiants. Il ne faut pas forcément tout prendre au sérieux non plus.
-Mme Vinet, ma directrice de recherche de thèse: elle comprend parfaitement qu'un étudiant ou une étudiante traverse des périodes différentes au cours de ses études, qu'il est possible d'en tirer le meilleur de chacun.
Merci à tous mes professeurs!
08 novembre 2006
' Bonjour, Madame Sylvie '
Aujourd'hui, j'ai donné mon quatrième cours de français intensif :)
Mes 5 étudiants font partis d'un programme de Master en Tourisme en partenariat avec la France. En septembre prochain, ils partent en France terminé le Master qu'ils commencent en février. D'ici là, ils doivent apprendre le français. Ce sont de vrais débutants, âgés de 23 à 29 ans, très gentils et motivés!
Pourquoi 'intensif'? Ils ont cours avec moi tous les lundis, mardis et mercredis matin, de 7h30 à 11h30 et avec un autre professeur vietnamien les vendredis et samedis matin. Ca fait 20 heures de cours par semaine! En réalité, ils arrivent à 8h du matin, les malins ;) et des pauses s'imposent, ce qui fait un peu moins au bout du compte.
Le prof vietnamien a droit a des faveurs:
-le stationnement est gratuit dans une école en face.
-une préposée nous apporte un verre de thé chaud et une serviette humide en début de cours et au milieu.
-c'est le chef de classe qui va chercher l'appareil pour écouter les enregistrements.
-les élèves se penchent pour me saluer quand ils arrivent.
-il y a toujours quelqu'un pour m'acheter une boisson à la pause.
-ils effacent le tableau à la fin du cours.
-les élèves attendent que je sorte la première pour quitter la salle en fin de cours.
-ils me paient les photocopies des documents qu'ils se copient entre eux.
L'objectif est de leur permettre de suivre des cours de Master en février qui se donneront en partie en français. Il y a beaucoup de travail à faire et je ferai de mon mieux pour les aider à y parvenir. Une chose que je sais bien faire, c'est encourager mes élèves ;)
Si Delphine et Yves pouvez venir à mon mariage le 24 janvier prochain, vous pourrez les rencontrer car ils seront encore au Vietnam à ce moment-là.
Mariage au Vietnam: à quand la fin ?
Vous vous demandez sûrement comment cette fameuse visite médicale s'est passée...
Tuan et moi avons dû nous y prendre à 3 fois.
La première fois, il nous manquait la photocopie du certificat de mariage délivré par le comité de notre quartier. Le centre d'hygiène mentale ne possède pas de photocopieuse, et impossible de trouver une photocopirette dans toute la rue. Le temps d'en trouver une, il était déjà 11h15 et les médecins sont partis manger...
La seconde fois, la salle est remplie de couples asiatiques (Tuan me dit que ce sont des Vietnamiennes qui se marient avec des Taiwannais). La secrétaire prend nos dossiers et le médecin nous pose ensuite 4 questions chacun:
-nom des parents
-dormez-vous bien?
-êtes-vous particulièrement stressé?
-avez-vous une bonne mémoire?
Le lendemain, nous sommes venus chercher le 'résultat'. Ouf!! Aucun problème. Notre couple atypique nous a meme permis de gagner du temps car les dossiers sont triés par nom du conjoint vietnamien. Ils nous retrouvent par nos photos, et comme Tuan était le seul homme parmi une centaine de photos de femmes, nous sommes ressortis en 2 minutes :)
Le lendemain, la joie retrouvée, nous nous rendons au service judiciaire de la ville. Ce fut un demi choc: ils nous ont rendus des documents exigés par le dossier et nous en ont demandé un qui n'y figurait pas avec sa photocopie certifiée conforme.
Demain, enfin la fin?

