Sans Pays Fixe

Duo de Francaises d'ailleurs entre Paris, Montreal, Tokyo, Saigon (Ho chi Minh Ville) et la Chine

31 octobre 2006

mon lien quotidien avec la France

Cela fait déjà deux ans que je suis loin de la France, un an et quelques semaines que je suis non stop au Japon.

Pourtant, je ne me sens pas loin, mais certainement à distance, décalée. Mais tous les jours comme une drogue, je continue à m'intéresser à l'actualité de la France, lire les articles de journaux et les blogs sur l'actualité, voir des émissions de France Télévision sur haut débit. Ce sont principalement des émissions de débats sur la société. Les drames me touchent encore plus, la banlieue qui va mal, les faits divers, et même la politique m'intéresse.

C'est assez étonnant mais j'adore lire la critique littéraire plein d'esprit de Didier Jacob sur le site du Nouvel Obs http://blogs.nouvelobs.com/Didier_Jacob/ et les critiques de cinéma aussi sur Libé ou le Monde, même si tous ces livres et tous ces films je ne les verrai pas avant longtemps. Ce n'est pas une frustration mais un plaisir. Le plaisir de sentir l'esprit français, ces traits d'humour piquant, ces références qui me disent quelque chose et de reconnaître un peu ce microcosme parisien qui m'exaspère parfois mais me fait sourire souvent.

Ici, je ne regarde pas beaucoup la télé, certaines émissions de débats à la télé japonaise m'attèrent: on discute de l'assassinat de deux enfants par une mère de famille et le décor est formé de grands posters de 2mx1.5m de la criminelle et des victimes. Je trouve cela tellement sensationnaliste, vulgaire et irrespectueux envers la famille des victimes, les reportages filmés sont des archives remontées en boucle.
Dans les émissions françaises, je pense que cela ne serait pas possible. La parole est plus importante que les photos, les reportages sont là pour dire vraiment quelque chose et apporter quelque chose au débat. Si vous avez un contre-exemple, n'hésitez pas à m'en faire part.

Oui, les Français sont très suffisants limite pédants, ils aiment parler mais n'agissent pas beaucoup. Ils adorent donner leur avis sur tout mais c'est ce que j'aime, lorsqu'on critique avec humour et talent, lorsqu'on débat avec intelligence. Bref, lorsque j'apprends quelque chose.
Les critiques littéraires ou de cinéma sont de petits textes bien insignifiants à vrai dire qui parlent d'autres oeuvres d'auteur. Mais ce sont aussi de petites oeuvres en elle-même et que je déguste avec gourmandise, comme si je sentais le parfum d'un livre que j'aimerai lire, comme un écrin de mots qui donne une ampleur à un film qui me bouleversera par avance, pour exemple la critique du film de Clint Eastwood Mémoires de nos pères sur le Monde.fr.
Et un autre avantage non négligeable, c'est que je n'ai plus besoin de supporter les innombrables coupures pub sur le dernier yaourt au bifidus ou le super shampoing éclat à la télé! ;-p

Posté par sanspaysfixe à 13:58 - Made in France - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

France de ma douce jeunesse ...

La nostalgie de nos origines sont ancrées en nous à tout âge, que l'on soit éloignés depuis longtemps ou depuis quelques mois seulement, je ne crois pas que cela change grand chose. Ce qui est différent pour chacun est peut-être l'attachement plus ou moins fort à sa terre natale, ou tout du moins d'adoption (je suis français, mais né à l'étranger... c'est assez drôle dans ma famille car ma fille est née à Monaco, elle vie au Québec et c'est pour elle sa terre d'adoption, étant arrivée là à 2 ans et demie, mais elle est pourtant bien française avant tout, sa mère est algérienne mais d'attachement française, et ma femme chinoise et qui ne connait pas encore la France ! :-). Nos caractères forgent avec le temps et les habitudes, mais nos liens avec nos racines sont souvent plus forts que tout le reste.

Pour ma part, je ne regarde que peu les nouvelles de France, mais je m’informe bien sûr. Je garde le contact avec mes parents régulièrement, ma famille, mes copains qui vieillissent aussi avec ce temps qui passe trop vite. Voilà bientôt 14 ans que j’ai quitté la France et la France ne me manque pas. Au contraire, je rêve d’aventure, de découvrir ces terres inconnues, ces nouvelles cultures, ces nouvelles habitudes culinaires (je reste un peu français là !), l’histoire et la culture propre à chaque contrée, observer ces mentalités différentes et partager des expériences, apprendre et apprendre encore avec beaucoup de plaisir. J’adore découvrir et partager ces nouveautés. Je n’ai pas de terre d’attachement, mais malgré tout, quand j’ai la chance de retourner en France c’est toujours avec beaucoup de plaisir. Il y a là nos souvenirs et toutes les émotions qui les accompagnent. Rester des heures sur les plages de Bretagne ou j’ai passé toute mon enfance, à écouter le vent et la mer sur ces rochers déchirés par le temps, c’est une sensation extraordinaire, irremplaçable, unique ! On a beau dire, on a beau faire, on s’habitue mais ce n’est pas tout (comme dit la chanson), nous avons tous nos racines quelque part, avec plus ou moins d’attachement.

Pour en revenir aux français, ceux qui vivent et qui restent en France, je suis d’accord, ils sont très suffisant, et plus le temps passe moins ça semble s’arranger. Je me rends compte que dans cette république, l’écart entre les riches et les pauvres s’agrandit, que la France reste le pays sur la planète ou les gens travaillent le moins, mais surtout que personne ne veux travailler plus que son voisin et que bien entendu, cela crée des déséquilibres sociaux. Personne non plus ne semble vouloir porter la responsabilité de ce lourd fardeau. Alors on remet en cause la société, qui a bon dos. La vision de cette France là m’effraie un peu et elle est bien différente de celle que j’ai quittée. Peut être ai-je un œil trop critique (comme tout bon français qui se respecte), mais à écouter les amis, les patrons d’entreprises et les employés qui se cachent derrière leur RTT, je vois là aussi un écart immense entre l’Amérique ou même l’Asie.

D’un autre côté, il est vrai que la France garde ses charmes, cabotins mais surtout culinaires. L’Europe a voulu enlever le fromage non pasteurisé. Le pays tout entier c’est mobilisé, c’était la révolution ! Et je les comprends, en France il y a des choses sacrées et le fromage en fait partie... et pour ça, je crois que la France a le mérite d’être sauvée 

Posté par Yves, 01 novembre 2006 à 04:53

Aux armes

Allo! (J'adore cette façon de saluer au Québec et je l'ai adoptée)

Je m'inquiète un peu pour moi-même car je peux facilement passer des mois sans me soucier de ce qui se passe en France...Je me suis faite à l'idée que certaines choses ne changeront jamais, que la France restera l'immuable gardienne des traditions et du secret de fabrication du fromage non pasteurisé.
Je m'inquiète surtout pour l'image que renvoit la France au Vietnam. Lorsque des émeutes ont lieu ou des grèves, elles sont réduites aux scènes de violence et les explications de fonds ne sont pas là. Alors, forcément, c'est très dur d'expliquer le pourquoi des choses (les inégalités sociales, les banlieues qui sont devenues des ghettos, l'insertion professionnelle, l'integration).
D'un autre côté, les Français (blancs souvent, je ne sais pas si c'est hasard) sont plutôt bien perçus à la télévision et dans les jounaux.

Posté par wodemeimei, 08 novembre 2006 à 14:32

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